As I’m sure everyone has heard by now, Philippe Lacoue-Labarthe passed away over the weekend. Obituary – as the French, unlike the English speaking are prone to do (except in the case of battle-obits in the NYT), are prone to do – in Le Monde. If I could be so bold as to make the following request: could people refrain from posting the obligatory passages from Derrida and Levinas? Rather than mute repetition of the standard passages, how about a discussion of his work, say, his contributions to Retreating the Political or on Heidegger?
NécrologiePhilippe Lacoue-Labarthe, philosophe et germanisteLE MONDE | 30.01.07 | 15h48 • Mis à jour le 30.01.07 | 15h48
e philosophe Philippe Lacoue-Labarthe est mort dans la nuit du 27 au 28 janvier, à l’âge de 66 ans, à Paris, où il était hospitalisé. Ceux qui l’ont connu n’oublieront pas l’intensité de sa présence, de son regard, de son écoute, sa grande générosité, et cette manière qu’il avait de s’exposer sans réserve, comme si l’essentiel était en jeu à chaque fois.
Né le 6 mars 1940 à Tours, il étudie la philosophie à Bordeaux, tout en militant dans une mouvance d’extrême gauche proche des situationnistes.
En 1967, il entre comme assistant à l’université de Strasbourg, où il enseignera jusqu’à sa retraite, en 2002. C’est là qu’il rencontre un autre jeune assistant, Jean-Luc Nancy, auquel il se lie d’une vive amitié. Les deux philosophes écriront ensemble plusieurs livres, dont Le Titre de la lettre (Galilée, 1973), L’Absolu littéraire (Seuil, 1978), Le Mythe nazi (L’Aube, 1991).
En 1970, ils font la connaissance de Jacques Derrida, avec qui ils vont entretenir pendant plus de trente ans une relation faite d’amitié, de partage, de respect mutuel. Jean-Luc Nancy et Philippe Lacoue-Labarthe seront à l’initiative du premier colloque qui lui sera consacré, en 1980, à Cerisy-la-Salle. D’autres penseurs d’envergure, comme Paul de Man, Emmanuel Levinas ou Jean-François Lyotard, répondront par la suite à leurs invitations, faisant ainsi de l’université de Strasbourg un foyer d’intenses échanges intellectuels.
Philippe Lacoue-Labarthe a également assuré la présidence du Collège international de philosophie, à un moment où cette institution était encore fragile et menacée. Il a participé à l’aventure collective du Théâtre national de Strasbourg en retraduisant les pièces de Sophocle réécrites par Hölderlin. Lui-même était l’auteur, avec Michel Deutsch, de Sit venia verbo, une pièce centrée sur la figure tragi-comique de Heidegger dans l’Allemagne de 1945.
Son intérêt pour le théâtre et la musique n’est que l’un des nombreux aspects d’une oeuvre foisonnante qui comprend aussi des poèmes et des traductions. Mais ce sont ses livres de philosophie qui en ont fait un auteur traduit et commenté dans le monde entier. Dans sa jeunesse, il avait été, disait-il, “subjugué par Heidegger”, malgré sa “répugnance à l’égard de son passé politique”. Que le philosophe ait pu adhérer avec enthousiasme au nazisme, qu’il ne se soit jamais expliqué sur les crimes de Hitler, voilà qui demeurait pour lui une énigme douloureuse. Il y est revenu inlassablement pour tenter de comprendre ce qui, dans cette pensée, avait rendu possible la faute politique du penseur.
Dans La Fiction du politique (Bourgois, 1987), il met en question ce qu’il nomme “l’archi-fascisme” de Heidegger et étend son analyse au “national-esthétisme”, à ce courant issu du romantisme allemand qui envisage la politique comme une “oeuvre d’art totale”. Selon lui, cette “esthétisation du politique” relève d’une “mimétologie” dont l’origine remonterait aux Grecs.
Dès ses premiers écrits, il s’était en effet intéressé aux paradoxes de la mimésis, à la manière dont ce quasi-concept inassignable pouvait ébranler les certitudes de la philosophie. Ce qui l’avait conduit à s’interroger sur la fonction de la mimésis au théâtre, à partir d’une relecture de Diderot et surtout de Hölderlin, sa référence majeure, à qui il a consacré d’admirables analyses dans L’Imitation des modernes (Galilée, 1986). Il allait y revenir dans Heidegger, la politique du poème (Galilée, 2002), en s’en prenant à la “confiscation mythico-théologique révoltante” de Hölderlin par Heidegger.
Jacob Rogozinski est professeur de philosophie à l’université de Strasbourg.
e philosophe Philippe Lacoue-Labarthe est mort dans la nuit du 27 au 28 janvier, à l’âge de 66 ans, à Paris, où il était hospitalisé. Ceux qui l’ont connu n’oublieront pas l’intensité de sa présence, de son regard, de son écoute, sa grande générosité, et cette manière qu’il avait de s’exposer sans réserve, comme si l’essentiel était en jeu à chaque fois.
5 Comments
could people refrain from posting the obligatory passages from Derrida and Levinas? Rather than mute repetition of the standard passages, how about a discussion of his work
That probably suggests they haven’t read much, if any, of his work. And much as I think it’s good that people who had not previously will now be encouraged to do so, surely one is not required to die to be read, or read with seriousness. And it’s remarkable how little there is of L-L’s that’s accessible via the net, and what there is, isn’t in English. A 2006 lecture of his, though in French (.ram).
Let me be the first to say, that’s an excellent request.
Sometimes citation is extremely tasteless.
I’ll second it. I have great affection for Derrida and Levinas, but PLL more than stands on his own, and should be treated accordingly.
You will find Nancy’s “necrology” on the website of the French newspaper Liberation; I think it may already be available in English translation. -should any one of you girls and guys have Dutch : bij wijze van groet wil ik Nancy’s salut in het Nederlands vertalen, wie daarbij helpen kan… laat niet me te contacteren.
Not to be confused with “sometimes’s suggestion” – just thought I’d make that clear. As usual I agree with sometimes nearly if not 100%.
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